Habitat(s)

Paroles croisées - David Ospina

La genèse 

Crédit photo: blabla

Le projet Habitat(s) prend appui sur la réflexion amorcée avec S’engager envers l’autre, une médiation culturelle menée avec la communauté lavalloise, où des communautés marginalisées, soit des jeunes en difficulté, des aînées et des immigrant.e.s, ont été appelées à communiquer entre elles par correspondance.  À l’heure où les contacts s’effritent, où le commun s’évapore, où le refuge numérique que nous craignions tous est aujourd’hui vendu comme seule voie de salut et où la solitude s’avère être le grand mal du siècle, on ne sait plus bien comment vivre, comment sortir de soi-même et aller vers l’Autre. 

 Durant les ateliers l’auteur Dany Boudreault a visité la chambre d’une jeune fille en réadaptation au Centre Jeunesse, il a été rempli d’angoisse et de grand vertige. Il y a littéralement vu une “cellule” de prison. Leur chambre est le lieu de l’introspection obligatoire; elles n’ont accès aux livres ou au WIFI, elles passent le plus clair de leur temps isolées dans leur chambre. Il y a vu une métaphore de toutes les communautés ostracisées de l’espace public et “au bord” de provoquer la plus totale indifférence.  

 C’est alors, que Bluff a eu le désir de pousser davantage la réflexion en invitant l’auteur Dany Boudreault à développer une œuvre, installation numérique, qui sera déposée dans des espaces publics afin de projeter les passants/spectateurs au cœur d’une expérience immersive portant sur la place que nous faisons à l’Autre et à la manière dont nous partageons collectivement nos habitats.

Une œuvre numérique au cœur de la cité 

Pour le projet Habitat(s), le créateur en arts numérique Julien Blais joindra toute une philosophie de la vidéo pour creuser l’idée de la chambre comme territoire (habitat) intérieur et extérieur. Et si la chambre devenait un portail vers d’autres chambres? Et si la chambre possédait plusieurs fenêtres? Et si les corps des spectateurs agissaient eux-mêmes comme fenêtres? Chaque territoire contient un relief qui lui est intime, et c’est cette intimité que la vidéo cherchera à restituer.  

L’œuvre aura recours au numérique pour témoigner de ce mirage généré par la solitude de la chambre, de ces pensées qui s’incarnent dans l’esprit. Le but ultime est de provoquer des rencontres improbables entre des strates de la société qui n’ont pas l’habitude de se côtoyer, de les faire éventuellement se visiter par la vidéo. Quand on visite quelqu’un, il y a un protocole, des codes à respecter, des choses à faire, à ne pas faire, une étiquette, une logique morale. C’est dans cette perspective que nous allons créer des protocoles (comme en performance) pour des corps, objets ou matières textuelles.  

Une expérience culturelle de proximité 

Pour le moment, nous envisageons prendre d’assaut des espaces publics dans tous les quartiers de Laval, concevoir une “boîte/prisme/cube/lieu mobile”, et la rendre visible pour un public qui devra la traverser ou la contourner, le but étant de rendre visible les communautés de l’ombre et d’enclencher la réflexion quant à notre matière d’interagir en société et d’habiter nos territoires intimes et collectifs. Le public sera ainsi amené à prendre position par rapport à l’œuvre, œuvre-obstacle ou œuvre-passage. Nous entrevoyons que l’installation reposera sur une dramaturgie impressionniste, et non pas sur le récit, sur la fable. Les sensations des spectateurs seront au centre de l’expérience. 

 Peut-être qu’à partir de maintenant, nous devrons trouver d’autre moyens d’être ensemble. Le projet Habitat(s) est une tentative d’inventer une nouvelle façon, une nouvelle “machine humaine” pour connecter les gens, par l’art, par l’imagination. 

Un rayonnement majeur 

Dans un premier temps Habitat(s) rayonnera sur l’ensemble de l’Île de Laval, lui permettant de se doter d’une offre artistique innovante, dynamisant les quartiers. Ultimement, l’œuvre deviendra un attrait touristique et sera même diffusée à l’échelle nationale et internationale, confirmant Laval comme un leader culturel dynamique. 

Contact

Émanuel Frappier 
adjoint@bluff.qc.ca
450-502-3458